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Ce qui s’est passé au cours de la mystérieuse nuit de la Nativité a, de tous temps, intrigué les hommes. Par la plume ou les ciseaux, sur parchemin ou par l’image, ils en ont donné de nombreuses interprétations. On attribue à Saint François d’Assise (1182-1226), provençal par sa mère (Dame Pica Bernadone de Tarascon), la paternité de la première crèche vivante. En 1223, avec l’autorisation du Souverain Pontife, il eut l’idée d’inviter la population et les moines de Greccio, petit village des Abruzzes, à se rendre en procession la nuit de Noël, devant une grotte dans laquelle avait été reconstituée une crèche (du latin Gripia: mangeoire) vivante assortie d’un bœuf et d’un âne. Au XVIIè siècle, pour faire reprendre le chemin des églises aux fidèles, qui les avaient désertées à la suite de la réforme protestante, on y dresse des crèches qui vont proliférer au siècle suivant. Aux personnages de la nativité viendront s’ajouter des bergers, puis d’autres figurants. Les sujets sont d’abord en bois puis en bois doré, en liège, en cire, en carton-pâte et même en fil de fer (ce dernier, matelassé, sert de support à de véritables statuettes revêtues d’étoffe). En somme, ce sont les ancêtres des santons habillés dont la mode n’a cessé de croître. Dans le même temps, les seigneurs et les riches bourgeois font installer dans leur château ou leur bastide des crèches coûteuses en mie de pain ou en verre filé. Ces dernières sont d’abord importées d’Italie, comme les Santibelli (les beaux saints) en plâtre représentant uniquement des personnages religieux. Mais bien vite elles seront façonnées à Nevers où se sont fixés des verriers de Venise. Elles ne restent toutefois accessibles qu’aux riches. A la Révolution, un figuriste marseillais, Jean-Louis Lagnel, expert dans l’art de mouler les plus belles statues pour en reproduire des exemplaires en plâtre, a l’idée de modeler de petites figurines représentant les personnages de la crèche dans un matériau modeste et peu coûteux : l’argile. De plus, par le procédé du moulage, il peut multiplier indéfiniment son modèle. Ainsi naissent les premiers santons (entendez: petits saints), à la portée de toutes les bourses. Désormais, toutes les familles auront la possibilité de dresser leur propre crèche de Noël. A l’origine, composée principalement de la nativité et des Rois, elle va rapidement s’enrichir de nouveaux personnages popularisés par les crèches publiques parlantes, véritables spectacles de marionnettes et bientôt par la Pastorale MAUREL, créent en 1844, rue Nau à Marseille et reprise depuis, à l’époque de Noël, sur la plupart des crèches provençales. Aujourd’hui, le santon cru a cédé la place au santon cuit (à 1000 degrés). Le sujet est d’abord modelé dans l’argile. Le modèle est ensuite moulé entre 2 coquilles de plâtre. Il peut dès lors être reproduit en autant d’exemplaires souhaités, puis peint à la gouache après cuisson, ou habillé. En 1894, la Grande Dame de l’argile, la santonnière aubagnaise Thérèse NEVEU, sœur du céramiste Louis SICARD (inventeur de la fameuse cigale provençale) eut l’idée de reproduire, dans l’argile, les traits et la silhouette d’une personne connue: Virginie de Garlaban. A trois quarts de siècle de distance, elle traçait la voie au futur Petit Monde de Marcel Pagnol dont les créateurs ne cessent, à longueur d’année, de façonner avec amour, patience et talent nos jolis santons de Noël qui, selon le poète Elzéard ROUGIER: «sont des fleurs que l’on cueille en hiver». voir le |
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