L'escapade enchantée en pays d'Aubagne et de l'étoile
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Le mot "céramique" est un terme qui désigne toutes les industries de la terre et du feu : briqueterie, poterie, faïence, porcelaine et grès. Aubagne a produit et s’est distinguée dans les 3 premières catégories. Le sol aubagnais recelant cette matière première qu’est l’argile, dés l’époque gallo romaine briques, tuiles, carreaux de dallage y furent les tous premiers objets fabriqués.

En 1531, le cadastre enregistre le premier potier de terre exécutant des poteries vernissées. En 1666, Aubagne compte 2 000 ouvriers céramistes sur 8000 habitants. Toutefois il faut attendre 1750pour voir s’installer de véritables faïenciers qui vont faire une production de qualité basée sur les célèbres faïences de Moustiers, en utilisant l’émail stannifère blanc qui permet l’exécution de magnifiques décors.

Au XVIIè siècle, la faïencerie Richelme exporte à elle seule 12 tonnes de faïence par an aux Antilles. De grosses jarres à l’usage de conserves sont également exportées à la Guadeloupe. Le trafic est tel qu’un port a surnommé un de ses quais «le quai d’Aubagne».

Le XIXe siècle voit l’ascension fulgurante de la céramique aubagnaise : la cité compte 40 poteries et 12 faïenceries. Un des ateliers le plus célèbre est celui de Siméon Aubert, grâce à son décorateur de talent Léon Mazières dont le plat d’un mètre de diamètre orne l’escalier de la Mairie d’Aubagne. Le musée Cantini à Marseille possède quelques articles des anciennes productions aubagnaises.
Dans le même temps, la fabrication de carreaux bruts et émaillés prend une extension considérable: de la fin du XIXe au début du Xxe siècle, les fabricants locaux exportent jusqu’à 150 000 carreaux par jour.
Lorsque avec l’apparition de nouvelles techniques, cette activité a périclité puis cessé, artistes et artisans ont pis le relais.
Le «blanc Matisse» est né à Aubagne, à l’usine Proceram aujourd’hui disparue. C’est là que Henri Matisse a trouvé les plaques de terre rouge chargées de recevoir l’émail blanc extrêmement pur sur lequel il allait brosser, à larges traits noirs, une admirable Vierge à l’enfant, un Saint Dominique géant, et un chemin de croix stylisé qui attirent la foule des visiteurs à la chapelle de Saint Paul de Vence. C’est à Proceram également qu’ont été conçus et fabriqués les revêtements des piscines des paquebots "De Grasse", "Vietnam" et "France", ainsi que des panneaux qui ornent les aéroports d’Orly et d’Abidjan. De nombreux artistes sont venus à Aubagne pour y décorer ou faire produire leurs œuvres: Fernand Leger, Pignon, Pierre Ambrogiani, Visenz…

De nos jours, les fabrications aubagnaises sont très variées et très recherchées: articles de jardin (jarres, vasques, balconnières, claustras); poteries vernissées (cruches, gargoulettes, taraïettes); vaisselles provençales et culinaires (daubières, assiettes, bols, marmites, toupins); faïences décoratives et utilitaires (carrelage et bas relief); reproductions de Vieux Marseille et de Moustiers, d’amphores, d’objets aux chauds coloris ornés d’une cigale, bibelots et articles de toilette ou  ménager…

L’art du céramiste est incomparable. Sous ses doigts, l’argile prend les formes les plus belles et les plus simples à la fois. Cet art qui nous vient des siècles, les céramistes aubagnais le possèdent pleinement. Ils font partie de cette noblesse de l’argile qui, d’une génération à l’autre, apporte à Aubagne une notoriété incontestée.


Contenu © Pays d'Aubagne et de l'Etoile 2007. Réalisation : Pays d'Aubagne et de l'Etoile, Anatome et Mind2Machine



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